lundi 4 avril 2016

Dernière semaine de stage (29 mars au 1er avril)

Première réflexion : ma part de responsabilité

Cette semaine fût un enchaînement de révisions, récupérations, reprises d'examen et examens. Bien que nous ayons eu du temps pour réviser, que j'aie insisté sur certains aspects de la matière, les notes ont passablement baissé. J'ai relevé quelques difficultés partagées par les élèves:

  • prédire les produits de réaction où il est question d'un acide et d'un métal ou d'un métal et d'un carbonate (a été un peu mieux réussie la réaction entre un acide et une base);
  • écrire l'équation chimique de la combustion d'un carburant (considèrent que les réactifs se partagent en ions comme les réactions en solution aqueuse);
  • la loi mathématique des vitesses de réaction;
  • prendre en compte la stœchiométrie pour prédire un volume, une masse d'un produit, ou bien, à partir d'un produit, déterminer quel était le volume, la masse d'un réactif;
  • tenir compte de l'état des molécules et utiliser les formules adéquates (PV = nRT pour une solution aqueuse...);
  • trouver une vitesse de réaction, moyenne ou instantanée, à partir d'une courbe illustrant l'apparition d'un produit en fonction du temps;
  • tenir compte des unités des valeurs numériques (mol/L a été considérée comme équivalente à mol).
Je considère qu'une part de ces difficultés me revient. Toutefois, je ne sais  pas exactement où se situent les failles. Les élèves avaient plusieurs documents de révision, ils ont eu des devoirs au fur et à mesure pour s'entraîner, nous avons fait du modelage en classe. Peut-être aurais-je dû ramasser les devoirs pour les forcer à les faire? Exercer un contrôle plus étroit? Je me disais que des élèves de 5e secondaire devaient savoir s'organiser...

Si j'avais à ré-enseigner cette matière, je ferais un peu autrement. Pour la loi des vitesses de réaction par exemple, j'insisterais plus sur la conceptualisation de ce qui se passe lorsque l'on fait varier la concentration des réactifs. Je me ferais une banque plus variée d'exercices afin que les élèves voient dans quels contextes cela peut être utile. Nous en avons fait, mais pas suffisamment, à mon avis.

Cependant, il y a une part des élèves qui a déjà décroché. Certains connaissent maintenant leur programme et la chimie ne leur sert plus. Comme elle n'est pas obligatoire pour décrocher leur diplôme d'études, ils ne font plus d'efforts.

Deuxième réflexion : l'art de l'évaluation

Malgré de nombreux efforts pour m'assurer de l'objectivité de la correction des examens, malgré que nous ayons revu les corrigés en équipe, il restait encore des zones grises et même une erreur flagrante dans l'un des corrigés. C'est grâce à certaines élèves plus passionnées que nous avons pris conscience de mon erreur. Il s'agit en effet d'une difficulté liée au vocabulaire scientifique versus le vocabulaire commun. Il s'agit du mot produit. Il pourrait être remplacé par le mot substance, mais aussi il réfère aux résultats d'une réaction chimique: les produits. Si je lis "la nature des produits influence la vitesse de réaction", le vocabulaire spécifique à la chimie permet de détecter qu'il s'agit d'une fausseté. Tandis que, si j'emploie le terme commun (les substances choisies pour réagir), je considère que c'est vrai. C'est donc ce qui s'est passé.  Je suis tombée dans le piège moi-même. Nous avons donc du considérer deux réponses possibles à la question.

Ce n'est pas tout. L'art de la correction, c'est tout un art. Comment s'assurer qu'il n'y aura pas de variation dans la correction, qu'il n'y aura pas d'erreur de jugement? J'ai corrigé par section pour m'assurer un meilleur contrôle. Je vais revoir les numéros corrigés, je les confronte pour m'assurer que les élèves ne sont pas lésés. J'essaie d'être le plus cohérente possible et malgré cela, il peut arriver que j'observe des différences entre deux copies semblables. Comment est-ce possible?

Aussi, pour éviter "de brûler nos évaluations", nous en faisons quelques versions. Comment s'assurer qu'elles sont comparables? que l'une n'est pas avantageuse par rapport à l'autre? 

Troisième et dernière réflexion: Hommage à mon stage

Une belle semaine qui fût une belle finale. Je suis si heureuse du chemin parcouru! Par la relecture de ma compétence 11, j'ai pu apprécier les pas de géant qui ont été accomplis. Je suis fière de mon travail. Je pressens qu'il me reste un long chemin à parcourir pour devenir l'enseignante que je veux devenir, mais si j'ai autant de plaisir à aller travailler que j'en ai eu à aller en stage, la route ne me fait pas peur. J'ai beaucoup aimé l'équipe de travail. Bien entourée, je peux donner beaucoup plus sans me fatiguer.


jeudi 24 mars 2016

Semaine du 21 au 24 mars 2016

Dernière semaine d'enseignement...

Le stage tire à sa fin, nous avons fait des révisions toute la semaine ainsi que de la correction d'examens de laboratoire. Malgré une semaine que l'on pourrait qualifier de tranquille, il y a eu de nombreux questionnements sur les évaluations. En les corrigeant, il me semblait que  les cinq versions n'étaient pas équivalentes en terme de difficulté (nous avons autant de versions pour éviter le plagiat, car nous avons huit groupes de chimie). Après en avoir discuté avec mon EA, nous avons identifié que chaque version avait ses difficultés, mais au final, elles sont équivalentes. Nous avons aussi utilisé deux versions par classe pour que les élèves ne se fient pas à leurs pairs. En comparant les moyennes des groupes, ce n'est pas une version en particulier qui est ressortie comme plus difficile, mais bien les groupes qui sont apparus plus ou moins forts. À ce temps-ci de l'année, au moment où de nombreux liens sont à faire entre les différents modules, les élèves qui n'ont pas acquis une connaissance suffisante se retrouvent en difficultés. J'essaie de les convaincre de travailler, car la dernière étape est cruciale, elle vaut 60% et il reste plusieurs évaluations à venir.

Un sujet de discussion....

Nous nous questionnons sur la vague de commotions cérébrales qui secoue la population d'élèves. J'ai trois élèves qui ne peuvent être évalués, car les recommandations médicales le disent. Certains enseignants remarquent que ce sont souvent les mêmes élèves et au même moment de l'année qui en souffrent. Ce constat soulève plusieurs questions: pourquoi les activités cérébrales sont-elles proscrites après? Les commotions légères et sévères mènent aux mêmes recommandations, pourquoi? Y aurait-il des commotions provoquées (à leur demande) chez les élèves ? Un élève commotionné a réussi à déjoué la vigilance de ses enseignants pour aller faire le défi Optimath (d'une durée de 3 heures) alors qu'il avait refusé de faire l'évaluation de laboratoire de chimie (d'une durée de 1 heure)...

lundi 14 mars 2016

Semaine du 14 au 18 mars 2016

Lundi

Je retrouve mon groupe de sport-études (groupe plutôt fort) après deux semaines. Il y a eu la relâche et, comme je ne les vois qu'une semaine sur deux, le cycle a fait en sorte que je ne les voyais pas la semaine passée. Le dernier cours s'est déroulé sur la loi mathématique portant sur les vitesses de réaction et je leur ai dit qu'il ne restait qu'un cours théorique avant le début du cycle d'évaluation et de révision.

J'ai donc débuté le cours par la dernière diapositive du cours précédent. Quelle n'a pas été ma stupéfaction d'entendre les élèves me dire qu'ils ne se rappelaient plus de rien, qu'ils ne savent rien sur les vitesses de réaction. Durant la séance, les élèves avaient montré des signes d'impatience, car la matière théorique n'était pas donnée assez rapidement!

Il y a bien sûr un lien à faire entre leur réaction et l'annonce de l'évaluation de laboratoire pour le lendemain. La panique! Je suis fière de ma réaction: j'ai d'abord justifié cette évaluation et j'ai réactivé les activités qui pourraient leur être utiles; nous avons fait un retour sur les cours précédents; puis nous avons commencé le cours prévu. Nous n'avons pas complété la matière, mais il était indispensable que je tienne compte de l'état d'anxiété des élèves. J'ai maintenu mon point: ils seront évalués demain. Ils voulaient reporter l'examen de laboratoire, mais je leur ai dit qu'ils avaient tout ce qu'il faut pour réussir.

J'ai démontré de l'assurance, j'ai donné du rythme au cours, j'ai gardé mon calme. Je vais réajuster la planification détaillée de mon prochain cours.

Vendredi

J'ai réajusté ma planification mais... ce que j'avais prévu a du être réajusté. C'est ce qui arrive quand le TNI choisit la dernière période du vendredi pour ne plus fonctionner! J'avais des élèves désorganisés, deux enseignants qui tentaient de faire marcher le TNI et moi qui ai appliqué mon plan B. Nous avons fait le tri des notes de cours avec les grands thèmes à l'examen, puis j'ai utilisé le TNI comme projecteur et poursuivi la révision en écrivant au tableau. Je tenais à ce que les élèves fassent un problème complexe où l'ensemble des connaissances acquises en vitesse de réaction (et certaines des autres modules) soit revu. Nous y sommes arrivés, même difficilement. La dernière période du vendredi après-midi demeure un défi. J'ai estimé avoir eu le 2/3 de la classe sous contrôle, l'autre 1/3 était à ramener constamment.

Une semaine d'évaluation

Les élèves étaient évalués pour le volet 1 (compétence 1 et 3). Leurs réactions sont extrêmes: elles vont de terminer le rapport en avance (une élève a fait le rapport complet en 50 minutes alors que le temps alloué était de 130 minutes) au refus de faire l'évaluation (3 élèves abandonnent avant d'avoir essayé). Dans ce dernier cas, j'ai décidé d'aller voir ces élèves pour identifier ce qui n'allait pas. Après avoir discuté avec le premier (qui avait carrément repoussé son examen et commencé à lire son roman de français à la place!), j'ai réussi à le convaincre que ce serait bien qu'il tente quelque chose. Je lui ai donné l'exemple de la consommation d'essence dans une voiture où l'énergie contenue dans l'essence est libérée et les molécules se réorganisent pour former autre chose. Il a décidé de reprendre son examen et s'est investi jusqu'à la fin. J'ai décidé de faire le tour de mes élèves en difficulté (même ceux qui avaient commencé) pour reprendre les explications que j'avais données au premier (dans le but d'être équitable). Deux autres élèves ont relu leur mandat (leur question d'examen) et se sont investis aussi, deux autres ont refusé disant qu'elles voudraient bien, mais soit qu'elle était trop fatiguée ou bien qu'elle ne voyait pas comment commencer et préférait ne rien faire.

J'ai interrogé au hasard certains élèves pour leur demander leur avis sur l'évaluation. Elles m'ont dit que le mandat était si simple que s'en devenait mêlant. Elles m'ont dit qu'elles ont hésité à suivre leur première idée. Elles ont pensé qu'elles devaient faire un lien avec la calorimétrie ou autre matière précédemment vue, peut-être parce que j'ai fait faire des exercices de calorimétrie en révision...

J'ai identifié deux hypothèses concernant les élèves qui ont refusé de s'investir. Ou bien, elles vivent des problèmes d'estime et elles veulent préserver leur image. En évitant l'évaluation, elles ne se mettent pas directement en échec, il ne persiste aucune preuve de leur difficulté (ou incompétence, selon elles).  Autre hypothèse, la situation proposée était au delà de la zone proximale de développement de ces élèves, le pas à franchir était réellement trop grand pour elles. Nous avions reproduit en laboratoire beaucoup de réactions chimiques, mais les réactions étudiées se passaient en milieu aqueux, alors que celle sur laquelle était basée l'évaluation était la combustion. Il fallait la voir comme une réaction chimique au même titre qu'une autre avec la disparition d'un ou des réactifs et l'apparition de produits. En discutant avec l'EA, nous avons dégagé de cette situation que malheureusement les outils d'évaluation sont élaborés en considérant une zone proximale de développement et non plusieurs. Quelques fois les situations complexes qui en résultent sont trop faciles pour certains et trop difficiles pour d'autres. En laboratoire, la difficulté ajoutée concerne aussi le matériel mis à la disposition des élèves, il les force à élaborer un protocole légèrement différent de ceux apprivoisés lors des laboratoires de pratique.

J'ai aussi fait deux autres constatations durant ces séances d'évaluation: comment se fait-il que les élèves ne réussissent à s'investir entièrement que lorsqu'ils sont évalués ? Leurs questions sont pointues, leurs difficultés ressortent avec force, leur activité intellectuelle est palpable ce qui n'est pas le cas durant les laboratoires dirigés. Lors des laboratoires en autonomie (activités menées lors de la recherche-action), bien que l'engagement semblait un peu moindre, il s,en rapprochait. Aussi, comme deuxième constatation, comment se fait-il que les élèves ne créent pas plus de liens entre les laboratoires et la théorie ? Lorsque je fais des liens entre des problèmes écrits ou les équations chimiques et les laboratoires, les élèves démontrent des signes d'impatience: ils me disent qu'ils ne se rappellent pas ce qu'ils ont fait. Si je fais remarquer que lorsqu'on a fait réagir un acide et un carbonate, nous avons obtenu du dioxyde de carbone (identifié grâce à l'eau de chaux), un sel et de l'eau. Ils me disent que c'est difficile de se rappeler ou de voir le lien qui unit les laboratoires et les problèmes écrits.












samedi 12 mars 2016

Semaine du 7 au 11 mars 2016

Semaine riche en réflexions et en actions

Lundi le 7 mars

Retour à l'université pour la Cardec et le dernier cours d'INT . Pour la première fois, depuis le début de ma formation en enseignement, je me suis sentie étrangère dans les locaux de l'université. J'avais l'habitude d'être heureuse de commencer le stage, mais je l'étais tout autant de retourner étudier. Il y a un transfert inespéré qui s'est fait: pour la première fois j'ai ressenti que ma place n'était plus à l'université, mais dans une classe à enseigner. Je commence à penser que je vais finir ce bac et je me sens passablement outillée pour passer à des occupations professionnelles. 

  • Pour la compétence 1 : je suis consciente que dans ma pratique, je cherche à donner des exemples du quotidien qui ont du sens pour les élèves, il s'agit d'une force. Par exemple: lorsque nous avons parlé de l'énergie libérée par du fer qui rouille et qu'il était possible d'accélérer ou de ralentir des réactions chimiques, j'ai pu donner l'exemple que les "mini-chaufferettes" (Hot shot) que l'on met dans nos mitaines par temps froid exploitent l'énergie libérée par l'oxydation rapide du fer.
  • Pour la compétence 2 : je vérifie et corrige au besoin  le matériel pédagogique afin d'assurer une grande qualité du français. Je demande les épreuves électroniques lorsqu'on me propose du matériel pédagogique ou d'évaluation afin de corriger les coquilles qui s'y seraient glissées. Même s'il n'est pas d'usage en chimie de retirer des points pour la qualité du français, j'encercle tout de même les erreurs de français commises par les élèves. Au début, cela les inquiétait car ils croyaient que j'enlevais des points. J'ai donc réussi à attirer leur attention sur les erreurs commises.
  • Pour la compétence 3: les nombreuses occasions qui m'ont été données durant la formation initiale de monter du matériel pédagogique et didactique font en sorte que je suis capable d'assurer l'élaboration de situations d'apprentissage et d'évaluation complexes qui visent le développement de compétences pour les contenus ciblés.
  • Pour la compétence 4 : le pilotage des situations d'enseignement était un grand défi en début de formation. Maintenir un fil conducteur tout au long des séquences me demandait beaucoup d'effort. Maintenant, il s'agit d'un réflexe de plus en plus naturel. Même durant des suppléances en science (3e et 4e secondaires), j'ai tenu à faire le lien entre ce que les élèves avaient vu auparavant et ce qui suivrait le présent cours (ex.: en électricité, rappel de l'électricité statique et présentation du prochain laboratoire qui portera sur la mesure de la différence de potentiel alors qu'aujourd'hui les efforts ont été portés sur la réalisation de circuits en série et en parallèle ainsi que la mesure de l'intensité dans chacun des cas).
  • Pour la compétence 5 : je reconnais l'importance de l'évaluation des apprentissages et de la planification de ces moments précieux visant différents mais toujours suivis de rétroactions tout aussi précieuses dans le processus d'apprentissage des élèves. Je suis capable de concevoir des outils visant l'évaluation de compétences.
  • Pour la compétence 6: le visionnement des enregistrements de séances m'a permis de réaliser où j'en suis avec cette compétence. Cet outil s'avère très pertinent pour l'avenir, il me permettra de suivre de près mes groupes et prendre conscience des défis qui m'attendent pour chacun d'eux. J'ai bien vu que les élèves en fond de classe sont beaucoup moins attentifs que je ne le croyais. Je suis dorénavant plus attentive à eux et j'interviens plus souvent, je vais les voir, j'occupe la classe, je prends possession de la classe.
  • Pour la compétence 7 : je suis consciente des difficultés que les élèves peuvent rencontrer grâce au cours portant sur ce sujet. Mon expérience sur le sujet est restreinte, mais je sais que la réussite de ces élèves repose sur un travail d'équipe de la part de tous les intervenants. 
  • Pour la compétence 8 : j'ai eu de nombreuses occasions d'utiliser les TIC en classe. En science, ils constituent un complément fort aidant pour représenter des mécanismes difficiles à visualiser. Ils représentent aussi un défi: il faut adapter la gestion de classe en fonction de l'utilisation. Il faut que le lien enseignant-élève soit bien établi, que les consignes soient claires et que les élèves y soient initiés graduellement. La collaboration avec les collègues s'avère être très riche pour trouver des ressources adaptées.
  • Pour la compétence 9 : je connais l'importance de collaborer avec l'équipe-école par l'entremise des cours et dans les milieux de stage. J'ai eu l'occasion de rencontrer les parents, d'échanger par courriel avec certains, de travailler sur des projets parascolaires. Cette ouverture constitue, entre autre, un bon exemple à donner aux élèves d'ouverture sur la communauté. Un exemple que je n'ai pas vécu moi-même, mais que je garde en mémoire, est l'organisation d'un brunch comme moyen de financement qui se déroule dans un restaurant du village. Cette initiative permet aux élèves de vivre une expérience de restauration (approche orientante) dans un lieu adapté, les visiteurs se sentent bien accueillis et découvrent un commerce du village, et, le plus important, des liens se tissent entre des intervenants de différents milieux.
  • Pour la compétence 10 : le travail d'équipe dépasse largement le travail que pourrait accomplir chacun des membres, telle est ma pensée. Il s,agit d'une de mes forces. Je suis portée naturellement à engager la réflexion ou la conversation avec des collègues et je suis touchée par leur générosité. Cette semaine, j'ai accepté des suppléances. J'ai exprimé certaines craintes dans la "salle des profs" et les enseignants m'ont donné leurs meilleures astuces pour garder le contrôle sur la classe. J'ai expérimenté certaines d'entre elles avec succès. Je ne peux envisager une carrière d'où le travail d'équipe serait absent. Un autre exemple, les techniciens en travaux pratiques (TTP) sont d'une aide irremplaçable, leur implication dans les projets en science peut être déterminante. Mon activité menée dans le cadre de la  recherche-action n'aurait pu avoir lieu sans cette TTP extraordinaire. 
  • Pour la compétence 11 : je suis très consciente que mon développement professionnel ne s'arrête pas à la formation initiale reçue. Toutefois, il s'agit d'une base solide sur laquelle arrimer de nouvelles connaissances et compétences. Ayant une nature réflexive qui cherche constamment à se renouveler, je suis tout à fait disposée à poursuivre mon développement professionnel tout au long de ma carrière. Je connais beaucoup de ressources internet, lectures, événements (congrès AESTQ).  Il y a mes collègues, les conseillers pédagogiques, les documents produits dans les différents ministères canadiens, les groupes de recherche en éducation... Les ressources ne manquent pas.
  • Pour la compétence 12 : les différents cours d'éthique suivis lors de ma formation initiale (éthique et biologie et éthique en enseignement) m'ont donnée une base dans le domaine. Mes observations en stage, les discussions avec les collègues, la prise de conscience du rôle-clé que peut jouer un enseignant dans la vie d'un jeune, le lien de l'enseignant avec la loi et son ministère donnent un cadre au comportement éthique de l'enseignant. Tout au long de sa carrière, il sera placé devant des dilemmes et les décisions qui en découleront seront basées sur la hiérarchie de ses valeurs. Celles-ci sont nécessairement en accord avec les grandes valeurs de l'éducation au Québec et les codes de vie des écoles (éducabilité de chacun, réussite de tous, diligence, confidentialité, impartialité, sécurité, respect ...).


Les autres jours de la semaine : nouveaux questionnements


  • J'ai eu la chance cette semaine de faire de la suppléance (4 périodes). J'en suis ressortie complètement déstabilisée : j'ai réalisé tout le potentiel d'apprentissage que les suppléances représentent. Pourquoi, n'y aurait-il pas des périodes de suppléance obligatoires durant les stages?  Il s'agit d'un rôle pour lequel nous sommes peu préparés. Nous devons nous adapter rapidement à une classe inconnue, prendre connaissance rapidement de la matière, trouver une stratégie d'enseignement, se trouver des repères dans le matériel pédagogique peu connu, prendre des présences lorsque les plans de classe ne sont pas nécessairement à jour et les élèves échangent leurs identités pour rire, etc. Important à vivre avant de perdre tout le support que le stage nous procure.
  • Je me rends compte en fin de stage que j'aurais du garder des traces des présences des élèves. Nous devons les rentrer dans le système informatisé, mais nous ne sommes pas tenus de les consigner dans un document. Ce serait simple si j'avais tenu un registre des présences, d'un coup d’œil, j'aurais pu avoir un aperçu du taux d'assiduité des élèves et j'aurais un détail des cours manqués. Pour le rattrapage, il s'agit d'une information fort pertinente.
  • L'un de mes groupes démontre des signes d'apathie en classe. Plusieurs élèves baillent, d'autres cognent des clous, certains refusent de prendre part aux discussions. Je bouge, circule dans les rangées, je module le rythme et les sons de ma voix, je donne des exemples, je fais des analogies, je fais des exemples au TNI. J'aime les laisser travailler, mais lorsqu'il y a de la nouvelle théorie à s'approprier, il m’apparaît important de présenter l'ensemble des concepts utiles. Peut-être pourrais-je les laisser lire la théorie et préparer des questions de compréhension et des activités d'approfondissement de façon à les garder actifs en tout temps?
  • Mon dernier questionnement de la semaine repose sur l'idée du biais d'enseignement. On dit qu'il y a un biais d'évaluation lorsque survient un événement qui en affecte les résultats. Je pense que la variabilité dans mon enseignement peut avoir un effet semblable sur les résultats des élèves. J'ai réalisé que je ne donnais pas tous mes cours de façon identique, je varie quelques fois mes exemples, mon vocabulaire change. De plus, la première fois que je donne le cours, je suis moins à l'aise, je ne sais pas encore où les élèves vont bloquer ni si les activités proposées se vivront tel que prévu. Or, le hasard veut que mes premiers cours sont toujours donnés avec les mêmes groupes. Je crois que ce fait crée un biais: les élèves n'auront pas tous les mêmes chances de réussir l'examen puisque certains élèves ont droit à des versions améliorées du cours. Aussi, dans le même ordre d'idée, les élèves absents qui viennent en rattrapage n'auront pas exactement droit aux mêmes explications que les autres élèves. Pourtant, les élèves seront tous évalués avec le même outil, avec les mêmes grilles... Cette prise de conscience me dérange, car j'aimerais que tous aient des chances égales de réussir et ne pas être à la source d'inégalités.





mardi 8 mars 2016

Projet de recherche-action

Voici un ensemble d'observations et d'impressions exprimées par l'équipe pédagogique impliquée dans la réalisation du projet:

Les plus


  • Les élèves semblent très engagés dans la démarche ("c'est beau de les voir travailler")
  • Les élèves posent des questions
  • Les élèves résolvent des problèmes liés au protocole
  • Les élèves qui rencontrent des problèmes lors des manipulations cherchent à trouver des solutions, à adapter le protocole
  • Il y a eu une augmentation de la participation au midi récupération (plusieurs équipes sur place pour se préparer, même si "ça ne compte pas")
  • Les élèves plus faibles demandent un peu plus d'encadrement, mais réussissent à travailler par eux-mêmes
  • Les découvertes des équipes sont communiquées aux autres classes afin que les élèves puissent bénéficier des découvertes des autres (le zinc ne réagit pas, la concentration du méthanol n'influence pas de la même façon la vitesse de réaction, on doit retirer le vernis des antiacides, l'usage de la burette à gaz n'est pas adéquat dans plusieurs cas
  • Aucun élève n'a "cogné de clous" durant ces périodes, alors qu'en enseignement magistral, ça arrive

Les moins

  • La place accordée au scénario de Génial! a été reconsidérée, elle a maintenant une place moindre
  • Certaines réactions sont décevantes (ex: zinc)
  • Le cahier de réponse est à améliorer (section conclusion trop courte, retirer le mot "graphique"...)
  • Des élèves ont dit qu'ils ont trouvé la démarche stressante, ils ne savaient pas toujours quoi faire, c'était fatigant
  • Il faudrait ajouter une période, car le temps manque pour travailler le scénario d'émission

Le matériel pédagogique

  • Imprimer une feuille à part (hors du cahier de l'élève) avec la liste des réactifs où les élèves n'auraient qu'à cocher les réactifs et indiqueraient la quantité nécessaire pour chacun d'eux
  • Ajouter une liste de matériel pour que les élèves disposent du vocabulaire nécessaire pour écrire leur protocole
  • Trouver d'autres métaux que le zinc ou bien préparer le zinc au préalable, c'est-à-dire trouver un moyen de retirer la couche oxydée à sa surface qui l'empêche de réagir avec l'acide rapidement
  • Changer l'acide acétique pour un autre acide, car son action est un peu décevante
  • Dans les contraintes, il faudrait augmenter la quantité maximale d'acide par essai (passer de 30 mL à 50 mL) et pour les solides (carbonates et métaux) diminuer les quantités maximales (passer de 2g par essai à 0,1-0,3g)
  • Trouver l'équation d'Alka-Seltzer afin de l'offrir dans les choix de réactifs puisque cet antiacide réagit très bien (dans les ingrédients il y a du NaHCO3 et du C6H8O7 qui correspondent à du bicarbonate de soude et de l'acide citrique)
  • Ajouter dans le matériel à disponibilité des élèves des plaques chauffantes, car ils aiment bien comparer les réactions à température pièce et celles chauffées (plutôt que refroidies)











mardi 23 février 2016

Semaine du 22 au 26 février 2016

Gros lundi!

Je n'ai pas réussi à avoir le contrôle de ma classe. Les élèves étaient survoltés (des départs en voyage sous peu en seraient la cause). C'est une classe de sportifs qui réussissent bien. Ils captent rapidement la matière enseignée et trouvent les failles, s'il y en a. La spirale dans laquelle je me suis retrouvée était la suivante : plus les élèves bavardaient, moins je pouvais me concentrer sur la matière, moins j'étais concentrée, plus mes exemples étaient boiteux, plus ils étaient boiteux, moins les élèves s'intéressaient à la matière... Ce fut pénible. 

Je revoyais ces élèves aujourd'hui à la période d'étude et à la première période. Je leur avais annoncé que je prendrais la période d'étude pour combler le retard. Je suis arrivée prête à faire face à la musique : si un élève m'empêchait d'enseigner, j'avais jugé qu'un moment de réflexion dans le corridor serait opportun; j'avais pris grand soin de préparer mon cours et j'ai donné le rythme de façon à ce qu'ils aient peu de temps à eux; je n'ai gardé qu'une partie du laboratoire où ils devaient manipuler, l'autre je l'ai transformée en démonstration. J'étais très heureuse que mon cours se passe bien. Je n'ai pas eu à sortir d'élèves. Autre indice de réussite: mon EA était malade, il y avait un remplaçant avec moi, les élèves n'en ont pas profité. Ceci a donné le coup d'envoi à la journée qui s'est très bien déroulée. J'ai même remplacé un enseignant pour la première fois (mon EA) de façon rémunérée. Je suis prête pour demain si le scénario se répète.

Récupération

Ayant observé que la variation des rythmes d'apprentissage dans certains groupes, de l'assiduité des élèves, de leur engagement et considérant le programme plutôt chargé, j'ai décidé de miser largement sur les périodes de récupération (3 par cycle de 9 jours). Au début du stage, des élèves se présentaient en récupération seulement avant un examen. Sans la menace imminente de l'évaluation, nos récupérations étaient désertées. Depuis trois semaines, un vent de changement balaie nos récupérations. En effet, je me suis retrouvée avec un ou des élèves  à chaque récupération. Hier, il y a eu une participation remarquable. En majorité, il s'agissait d'élèves de l'un des groupe de mon EA. Ce qui m'a fait plaisir? Le fait qu'ils se rencontrent au local de chimie pour parfaire leurs protocoles permettant de vérifier l'effet de certains facteurs sur la vitesse de réaction ayant comme seule motivation la volonté de réussir puisque l'exercice ne compte pas. C'est moi qui ai monté et suggéré cette situation d'apprentissage. De plus, les élèves ne cherchaient pas à connaitre les réponses. Ils m'ont dit que s'ils avaient des questions, ils n'hésiteraient pas à venir me voir, mais que, pour le moment, ils souhaitaient travailler en équipe de façon autonome. Ce qu'ils ont fait.

Dernière période avant la relâche

J'ai pris la décision de ne pas donner de cours lié à la matière pour cette dernière période avant la relâche. Quelle bonne idée! Les élèves étaient soulagés de vivre autre chose. Toutefois, nous sommes restés dans un contexte lié à la chimie en première partie et en deuxième partie, nous avons regardé des exemples de personnes ayant un esprit scientifique exceptionnel (Danny Macaskill et Jacques Honvault). Nous avons préparé de la crème glacée maison selon trois bases : lait et crème, lait d'amandes et lait de soya. Nous avions à vérifier si ces trois bases permettaient de préparer des crèmes glacées semblables. Elles ont toutes été réussies. Les élèves étaient vraiment détendus, nous avons pris des photos. Pour la deuxième partie, nous avons regardé la vidéo où Danny Macaskill traverse une île des Canaries en passant par les balcons de façon périlleuse. Nous avons enchaîné avec l'envers du décor: le temps mis à la préparation des scènes les plus dangereuses, le contexte de tournage, l'esprit scientifique qui teinte toute la démarche et le lien rare entre la science et l'art. En effet, Macaskill est un artiste, ça c'est sûr. Le rendu est très beau, les frissons sont garantis. Le travail derrière est monumental et l'étude des détails indique une rigueur scientifique. Pour ce qui est de Honvault, les élèves ont aussi suivi avec intérêt la photographie du mur du son provoqué par une balle de fusil. Cet ingénieur artiste et photographe regorge d'ingéniosité. Il explique avec simplicité ses démarches scientifiques et cherche à provoquer des réflexions chez ceux qui le regardent. Il est un exemple fort pertinent lorsqu'on parle d'esprit scientifique entremêlant avec brio la créativité et le contrôle (théorie). J'ai beaucoup apprécié de voir que les élèves ont suivi jusqu'à la fin. Ils sont restés absorbés jusqu'à la cloche. Aussi, les autres enseignants sont venus faire un tour, il y avait une ambiance très conviviale.

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jeudi 18 février 2016

Semaine du 15 au 19 février 2016

Je suis très heureuse d'avoir pu vivre quatre fois l'activité sur les facteurs affectant la vitesse de réaction. La partie préparatoire est très stimulante, les élèves finissent par embarquer et ils sont très actifs : ils se posent des questions, résolvent des problèmes, prennent des notes. Ils enclenchent une réelle réflexion. La situation est ouverte et donne une vraie place à leur créativité. Bien qu'elle est à parfaire, cette situation d'apprentissage offre un beau potentiel. Elle est un exemple à citer pour illustrer le développement des compétences 3 et 4.

Je m'en suis bien tirée pour ce qui est du pilotage. Le déroulement fût plutôt harmonieux. Ma PSU a relevé le fait que j'ai pris le temps de faire l'inventaire des connaissances d'abord afin de rassurer les élèves pour la réalisation de cette tâche inhabituelle. Je ressens beaucoup de fierté face à cette séance. Toutefois, il pourrait y avoir d'autre petits ajustements: le but de l'activité pourrait être plus clairement énoncé et la consigne où il est question de terminer les protocoles en devoir aurait due être communiquée de façon plus officielle. Je réalise combien est précieuse l'aide et le support dont je bénéficie (de la part de la PSU et de l'EA) et qui, bientôt, ne sera plus là. Je suis très consciente que sans le déclencheur, le support et l'enthousiasme de ma PSU, cette activité n'aurait pas vu le jour. Sans les conseils et le recul de mon EA, l'activité n'aurait pas évolué aussi rapidement. Je demeure une adepte inconditionnelle du travail d'équipe. La synergie vaut toujours plus que la somme des parties. Je souhaite trouver une équipe dans l'avenir qui me supporte de la sorte.

Cette situation d'apprentissage et d'évaluation fût aussi un moment où le dialogue dans l'équipe pédagogique était incontournable. C'est très gratifiant de faire partie d'une équipe où chaque membre cherche à apporter des améliorations à l'activité, où chacun donne ses impressions, son appréciation. Je vis intensément la compétence 10 portant sur la coopération entre les membres de l'équipe pédagogique, je suis très heureuse d'en faire partie. Nous avons revu l'importance à donner à une participation potentielle à l'émission Génial!, nous avons revu l'introduction du cours, l'encadrement des élèves, les indices à donner. La formule finale est plus équilibrée et respectueuse du rythme des élèves.

Cette semaine fût une semaine allégée. Il y a eu seulement trois jours d'école puisque mardi fût annulé pour cause de verglas et le vendredi était une journée pédagogique. Nous avons fait beaucoup de planification le mardi, surtout pour les laboratoires. Ça demande une planification serrée. Le vendredi, nous avions une formation sur l'encadrement et la prise de présences. Il était question de l'importance de prendre les présences durant les premières trente minutes du cours. Toutes les actions du suivi en sont affectées. Cette formation risque de m'aider à adopter un fonctionnement aidant pour l'administration, car j'avais tendance à prendre les présences à la fin de la séance afin de ne pas perdre de temps en début de cours.

Le vendredi en après-midi, nous avons eu une rencontre avec les élèves inscrits à Expo-sciences. Nous devions les aider dan la rédaction de leur résumé. Je me suis occupée d'un élève en particulier. Je lui ai appris à travailler sur Google.doc. De cette manière, il pouvait parfaire certaines parties du texte pendant que moi, je travaillais sur le français. Il était très content. Cette séance m'a permis de comprendre un enjeu de la participation des élèves à ce type de concours. Voyant mon élève au prise avec certaines difficultés, je me suis demandée jusqu'à quel point, je devais m'investir dans le projet. Étais-ce mon projet ou le sien ? Devais-je respecter ses idées ou bien devais-je plutôt l'amener à penser autrement au risque de forcer un peu son rythme ? Devais-je apporter des nuances à son texte ? S'en est suivi une discussion avec une autre enseignante et elle m'a dit que, la plupart du temps, les gagnants sont souvent promoteurs de projets d'enseignants. Elle, elle croit que nous devrions supporter les élèves dans leur projet, mais que nous devrions leur laisser plus d'autonomie même si les chances de gagner diminuent.