lundi 14 mars 2016

Semaine du 14 au 18 mars 2016

Lundi

Je retrouve mon groupe de sport-études (groupe plutôt fort) après deux semaines. Il y a eu la relâche et, comme je ne les vois qu'une semaine sur deux, le cycle a fait en sorte que je ne les voyais pas la semaine passée. Le dernier cours s'est déroulé sur la loi mathématique portant sur les vitesses de réaction et je leur ai dit qu'il ne restait qu'un cours théorique avant le début du cycle d'évaluation et de révision.

J'ai donc débuté le cours par la dernière diapositive du cours précédent. Quelle n'a pas été ma stupéfaction d'entendre les élèves me dire qu'ils ne se rappelaient plus de rien, qu'ils ne savent rien sur les vitesses de réaction. Durant la séance, les élèves avaient montré des signes d'impatience, car la matière théorique n'était pas donnée assez rapidement!

Il y a bien sûr un lien à faire entre leur réaction et l'annonce de l'évaluation de laboratoire pour le lendemain. La panique! Je suis fière de ma réaction: j'ai d'abord justifié cette évaluation et j'ai réactivé les activités qui pourraient leur être utiles; nous avons fait un retour sur les cours précédents; puis nous avons commencé le cours prévu. Nous n'avons pas complété la matière, mais il était indispensable que je tienne compte de l'état d'anxiété des élèves. J'ai maintenu mon point: ils seront évalués demain. Ils voulaient reporter l'examen de laboratoire, mais je leur ai dit qu'ils avaient tout ce qu'il faut pour réussir.

J'ai démontré de l'assurance, j'ai donné du rythme au cours, j'ai gardé mon calme. Je vais réajuster la planification détaillée de mon prochain cours.

Vendredi

J'ai réajusté ma planification mais... ce que j'avais prévu a du être réajusté. C'est ce qui arrive quand le TNI choisit la dernière période du vendredi pour ne plus fonctionner! J'avais des élèves désorganisés, deux enseignants qui tentaient de faire marcher le TNI et moi qui ai appliqué mon plan B. Nous avons fait le tri des notes de cours avec les grands thèmes à l'examen, puis j'ai utilisé le TNI comme projecteur et poursuivi la révision en écrivant au tableau. Je tenais à ce que les élèves fassent un problème complexe où l'ensemble des connaissances acquises en vitesse de réaction (et certaines des autres modules) soit revu. Nous y sommes arrivés, même difficilement. La dernière période du vendredi après-midi demeure un défi. J'ai estimé avoir eu le 2/3 de la classe sous contrôle, l'autre 1/3 était à ramener constamment.

Une semaine d'évaluation

Les élèves étaient évalués pour le volet 1 (compétence 1 et 3). Leurs réactions sont extrêmes: elles vont de terminer le rapport en avance (une élève a fait le rapport complet en 50 minutes alors que le temps alloué était de 130 minutes) au refus de faire l'évaluation (3 élèves abandonnent avant d'avoir essayé). Dans ce dernier cas, j'ai décidé d'aller voir ces élèves pour identifier ce qui n'allait pas. Après avoir discuté avec le premier (qui avait carrément repoussé son examen et commencé à lire son roman de français à la place!), j'ai réussi à le convaincre que ce serait bien qu'il tente quelque chose. Je lui ai donné l'exemple de la consommation d'essence dans une voiture où l'énergie contenue dans l'essence est libérée et les molécules se réorganisent pour former autre chose. Il a décidé de reprendre son examen et s'est investi jusqu'à la fin. J'ai décidé de faire le tour de mes élèves en difficulté (même ceux qui avaient commencé) pour reprendre les explications que j'avais données au premier (dans le but d'être équitable). Deux autres élèves ont relu leur mandat (leur question d'examen) et se sont investis aussi, deux autres ont refusé disant qu'elles voudraient bien, mais soit qu'elle était trop fatiguée ou bien qu'elle ne voyait pas comment commencer et préférait ne rien faire.

J'ai interrogé au hasard certains élèves pour leur demander leur avis sur l'évaluation. Elles m'ont dit que le mandat était si simple que s'en devenait mêlant. Elles m'ont dit qu'elles ont hésité à suivre leur première idée. Elles ont pensé qu'elles devaient faire un lien avec la calorimétrie ou autre matière précédemment vue, peut-être parce que j'ai fait faire des exercices de calorimétrie en révision...

J'ai identifié deux hypothèses concernant les élèves qui ont refusé de s'investir. Ou bien, elles vivent des problèmes d'estime et elles veulent préserver leur image. En évitant l'évaluation, elles ne se mettent pas directement en échec, il ne persiste aucune preuve de leur difficulté (ou incompétence, selon elles).  Autre hypothèse, la situation proposée était au delà de la zone proximale de développement de ces élèves, le pas à franchir était réellement trop grand pour elles. Nous avions reproduit en laboratoire beaucoup de réactions chimiques, mais les réactions étudiées se passaient en milieu aqueux, alors que celle sur laquelle était basée l'évaluation était la combustion. Il fallait la voir comme une réaction chimique au même titre qu'une autre avec la disparition d'un ou des réactifs et l'apparition de produits. En discutant avec l'EA, nous avons dégagé de cette situation que malheureusement les outils d'évaluation sont élaborés en considérant une zone proximale de développement et non plusieurs. Quelques fois les situations complexes qui en résultent sont trop faciles pour certains et trop difficiles pour d'autres. En laboratoire, la difficulté ajoutée concerne aussi le matériel mis à la disposition des élèves, il les force à élaborer un protocole légèrement différent de ceux apprivoisés lors des laboratoires de pratique.

J'ai aussi fait deux autres constatations durant ces séances d'évaluation: comment se fait-il que les élèves ne réussissent à s'investir entièrement que lorsqu'ils sont évalués ? Leurs questions sont pointues, leurs difficultés ressortent avec force, leur activité intellectuelle est palpable ce qui n'est pas le cas durant les laboratoires dirigés. Lors des laboratoires en autonomie (activités menées lors de la recherche-action), bien que l'engagement semblait un peu moindre, il s,en rapprochait. Aussi, comme deuxième constatation, comment se fait-il que les élèves ne créent pas plus de liens entre les laboratoires et la théorie ? Lorsque je fais des liens entre des problèmes écrits ou les équations chimiques et les laboratoires, les élèves démontrent des signes d'impatience: ils me disent qu'ils ne se rappellent pas ce qu'ils ont fait. Si je fais remarquer que lorsqu'on a fait réagir un acide et un carbonate, nous avons obtenu du dioxyde de carbone (identifié grâce à l'eau de chaux), un sel et de l'eau. Ils me disent que c'est difficile de se rappeler ou de voir le lien qui unit les laboratoires et les problèmes écrits.












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