Première réflexion : ma part de responsabilité
Cette semaine fût un enchaînement de révisions, récupérations, reprises d'examen et examens. Bien que nous ayons eu du temps pour réviser, que j'aie insisté sur certains aspects de la matière, les notes ont passablement baissé. J'ai relevé quelques difficultés partagées par les élèves:
- prédire les produits de réaction où il est question d'un acide et d'un métal ou d'un métal et d'un carbonate (a été un peu mieux réussie la réaction entre un acide et une base);
- écrire l'équation chimique de la combustion d'un carburant (considèrent que les réactifs se partagent en ions comme les réactions en solution aqueuse);
- la loi mathématique des vitesses de réaction;
- prendre en compte la stœchiométrie pour prédire un volume, une masse d'un produit, ou bien, à partir d'un produit, déterminer quel était le volume, la masse d'un réactif;
- tenir compte de l'état des molécules et utiliser les formules adéquates (PV = nRT pour une solution aqueuse...);
- trouver une vitesse de réaction, moyenne ou instantanée, à partir d'une courbe illustrant l'apparition d'un produit en fonction du temps;
- tenir compte des unités des valeurs numériques (mol/L a été considérée comme équivalente à mol).
Je considère qu'une part de ces difficultés me revient. Toutefois, je ne sais pas exactement où se situent les failles. Les élèves avaient plusieurs documents de révision, ils ont eu des devoirs au fur et à mesure pour s'entraîner, nous avons fait du modelage en classe. Peut-être aurais-je dû ramasser les devoirs pour les forcer à les faire? Exercer un contrôle plus étroit? Je me disais que des élèves de 5e secondaire devaient savoir s'organiser...
Si j'avais à ré-enseigner cette matière, je ferais un peu autrement. Pour la loi des vitesses de réaction par exemple, j'insisterais plus sur la conceptualisation de ce qui se passe lorsque l'on fait varier la concentration des réactifs. Je me ferais une banque plus variée d'exercices afin que les élèves voient dans quels contextes cela peut être utile. Nous en avons fait, mais pas suffisamment, à mon avis.
Cependant, il y a une part des élèves qui a déjà décroché. Certains connaissent maintenant leur programme et la chimie ne leur sert plus. Comme elle n'est pas obligatoire pour décrocher leur diplôme d'études, ils ne font plus d'efforts.
Deuxième réflexion : l'art de l'évaluation
Malgré de nombreux efforts pour m'assurer de l'objectivité de la correction des examens, malgré que nous ayons revu les corrigés en équipe, il restait encore des zones grises et même une erreur flagrante dans l'un des corrigés. C'est grâce à certaines élèves plus passionnées que nous avons pris conscience de mon erreur. Il s'agit en effet d'une difficulté liée au vocabulaire scientifique versus le vocabulaire commun. Il s'agit du mot produit. Il pourrait être remplacé par le mot substance, mais aussi il réfère aux résultats d'une réaction chimique: les produits. Si je lis "la nature des produits influence la vitesse de réaction", le vocabulaire spécifique à la chimie permet de détecter qu'il s'agit d'une fausseté. Tandis que, si j'emploie le terme commun (les substances choisies pour réagir), je considère que c'est vrai. C'est donc ce qui s'est passé. Je suis tombée dans le piège moi-même. Nous avons donc du considérer deux réponses possibles à la question.
Ce n'est pas tout. L'art de la correction, c'est tout un art. Comment s'assurer qu'il n'y aura pas de variation dans la correction, qu'il n'y aura pas d'erreur de jugement? J'ai corrigé par section pour m'assurer un meilleur contrôle. Je vais revoir les numéros corrigés, je les confronte pour m'assurer que les élèves ne sont pas lésés. J'essaie d'être le plus cohérente possible et malgré cela, il peut arriver que j'observe des différences entre deux copies semblables. Comment est-ce possible?
Aussi, pour éviter "de brûler nos évaluations", nous en faisons quelques versions. Comment s'assurer qu'elles sont comparables? que l'une n'est pas avantageuse par rapport à l'autre?
Troisième et dernière réflexion: Hommage à mon stage
Une belle semaine qui fût une belle finale. Je suis si heureuse du chemin parcouru! Par la relecture de ma compétence 11, j'ai pu apprécier les pas de géant qui ont été accomplis. Je suis fière de mon travail. Je pressens qu'il me reste un long chemin à parcourir pour devenir l'enseignante que je veux devenir, mais si j'ai autant de plaisir à aller travailler que j'en ai eu à aller en stage, la route ne me fait pas peur. J'ai beaucoup aimé l'équipe de travail. Bien entourée, je peux donner beaucoup plus sans me fatiguer.