Pas de cours, mais beaucoup d'évaluations : examen de travaux pratiques et examen théorique. Nous terminons le module sur l'énergie des réactions chimiques.
J'approfondis énormément les compétences 5 et 10 actuellement car nous devons travailler de concert les trois enseignants et la technicienne de laboratoire, qui nous supporte, afin de dégager un consensus sur les consignes, le temps accordé, les questions auxquelles nous pouvons répondre, les observations à effectuer et coordonner les reprises d'examen pour les absents et les voyageurs. De plus, nous cherchons à adopter un mode de correction cohérent et le plus objectif possible. L'objectivité est plus difficile à respecter dans le cas de la partie du rapport de laboratoire traitant de l'analyse et de la conclusion. Celle-ci demande de recourir largement au jugement critique où certains biais peuvent se glisser. Cette situation provoque de nombreuses discussions avec l'EA afin que nous arrimions nos raisonnements, que nous pondérions les différents critères, que nous les interprétions de la même façon. C'est un exercice très enrichissant.
Point de vue budget-temps consacré à la correction, il est très disproportionné cette semaine, il prend tout mon temps, y compris mon temps libre, et ce sera pareil la semaine prochaine. Je suis partagée face à ce constat. D'une part, c'est une activité très enrichissante, car elle me donne accès à des réflexions des élèves, des liens qu'ils font, des erreurs conceptuelles qu'ils commettent (peut-être ou probablement liées à mes choix d'enseignement). J'ai l'impression d'apprendre à connaitre les élèves par leurs travaux. Je sais maintenant que j'ai un élève très créatif qui résout ses problèmes d'une façon bien personnelle en utilisant des relations algébriques plutôt que des formules de chimie. Je connais mieux l'ampleur des difficultés d'une autre élève, elle saisit très peu la matière sur l'énergie chimique (28% à l'examen théorique). Je devrai prendre des moyens de la faire progresser. D'autre part, le budget-temps consacré à la correction me fait peur. Je passe un temps fou à évaluer les travaux sans écrire de rétroaction, c'est dommage, car c'est précieux. Si j'écris sur mes 100 copies tous les commentaires qui pourraient être utiles, je ne m'en sortirai pas... Je dois trouver une autre façon de faire des rétroactions. C'est une situation qui confronte la réalité et la théorie de façon brutale.
Aussi, je me demande jusqu'à quel point je dois aller pour aider les élèves. Dois-je attendre un signe de leur part? Dois-je aller les chercher? Nous avons répété aux élèves que les récupérations sont là pour eux, que nous pouvons les aider. Personne ne se présente. Les élèves se présentent cinq minutes avant l'examen pour poser des questions sur la matière. Comment dois-je réagir? Que dois-je en penser? Dois-je les laisser faire ou bien les pousser? Dois-je vouloir pour eux?
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